SOMMAIRE
Le cancer des drogues
illicites, Yves Lacoste
De la géopolitique
des drogues illicites, Pierre-Arnaud Chouvy et Laurent
Laniel (Résumé
/ Abstract)
Colombie : le rôle
de la drogue dans l'extension territoriale des FARC-EP (1978-2002),
Alain Labrousse (Résumé
/ Abstract)
Géopolitique
des drogues au Mexique : l'hégémonie des Sinaloans sur
le trafic de drogues illicites, Luis Astorga (Résumé
/ Abstract)
La filière coca
: du licite à l'illicite. Grandeur et décadence d'une
marchandise internationale, Paul Gootenberg (Résumé
/ Abstract)
Drogues illicites,
territoire et conflits en Afghanistan et en Birmanie, Pierre-Arnaud
Chouvy (Résumé
/ Abstract)
Le développement
alternatif en Afghanistan : l'échec du donnant-donnant,
David Mansfield (Résumé
/ Abstract)
Croissance et... croissance
de l'économie du cannabis en Afrique subsaharienne (1980-2000),
Pascale Perez et Laurent Laniel (Résumé
/ Abstract) Texte
disponible sur DrugSTRAT.
Opiacés et routes
des Balkans : facteurs géographiques, historiques et politiques
du phénomène, Philippe Chassagne (Résumé
/ Abstract)
Mafias et trafics de
drogue : le cas exemplaire de Cosa Nostra sicilienne, Giuseppe
Muti (Résumé
/ Abstract)
RESUMES (ABSTRACTS) ET
BIOGRAPHIES
De la géopolitique
des drogues illicites. 
Pierre-Arnaud Chouvy et Laurent Laniel
S'il a fallu des millénaires à l'humanité
pour distinguer quelles étaient les « plantes magiques
», il ne lui a fallu que l'espace d'un siècle pour en identifier,
isoler, voire reproduire les principales substances actives. De même,
il n’aura pas fallu plus d’un siècle pour que les
États dominants s’entendent sur la conception et la mise
en oeuvre d’un régime de contrôle international des
drogues. C’est la prohibition qui, adossée à la
répression, a permis l’émergence du trafic international
de drogues illicites, même si elle ne suffit pas à expliquer
son ampleur actuelle. Mais les drogues illicites ont aussi été
instrumentées par différents acteurs sociaux et (géo)politiques,
permettant la conduite de certains conflits et en justifiant même
d’autres. De fait, à l’instar d’autres flux,
de réfugiés ou de valeurs financières, le trafic
de drogues illicites procède d’une géographie des
inégalités mondiales (mais aussi régionales et
locales) dont il souligne d’ailleurs constamment les répartitions,
les variations et les évolutions. 
The Geopolitics of Illicit
Drugs
While it took thousands of years for mankind to find out which were
the “magical plants”, it took barely a century to identify,
isolate and eventually reproduce their main active substances. Likewise,
a century was enough for the dominant states to agree on the conception
and implementation of an international drug control regime. Prohibition
backed by law enforcement thus engendered the international market for
illicit drugs, although they alone cannot explain its current magnitude.
Illicit drugs have also been used by a range social and (geo)political
actors in order to wage some wars and to justify others. In fact, like
other flows such as refugees and financial assets, the illegal trade
in drugs is born out of a geography of global, regional and local inequities
of which it constantly underscores the distribution, variation and evolution.
Pierre-Arnaud Chouvy
est géographe chargé de recherches au CNRS
(UMR 8586 PRODIG). Ses recherches portent sur les territoires en crise
d'Asie et les activités illicites qui y ont cours. Il est l’auteur
de deux ouvrages : Les territoires de
l’opium. Conflits et trafics du Triangle d'Or et du Croissant
d’Or, aux éditions Olizane (Genève, 2002) ;
et, en collaboration avec Joël Meissonnier, Yaa
Baa – Production, trafic et consommation de méthamphétamine
en Asie du Sud-Est continentale, aux éditions L’Harmattan
- IRASEC (Paris - Bangkok, 2002). Il produit www.geopium.org.
Voir
l'article de Pierre-Arnaud Chouvy dans le n° 109 d'Hérodote
: Géopolitique des drogues illicites en Asie.
Pierre-Arnaud Chouvy is
a geographer and research fellow at CNRS
(UMR 8586 PRODIG). His research focuses on the territories in crisis
of Asia and related illicit activities. He has authored two books: Les
territoires de l’opium. Conflits et trafics du Triangle d'Or et
du Croissant d’Or (Olizane, Geneva, 2002); and with
Joël Meissonnier, Yaa Baa –
Production, trafic et consommation de méthamphétamine
en Asie du Sud-Est continentale, (L’Harmattan-IRASEC,
Paris- Bangkok, 2002). He produces www.geopium.org.
Also
see Pierre-Arnaud Chouvy's paper in Hérodote n° 109: Géopolitique
des drogues illicites en Asie.
Laurent Laniel est
actuellement chargé de recherche à l’Institut des
Hautes Etudes de la Sécurité Intérieure (IHESI).
Chargé d’étude à l’Observatoire géopolitique
des drogues (OGD) entre 1995 et 2000, consultant et membre du réseau
MOST-drogues de l’UNESCO entre 1997 et 2002, il a été
co-auteur du rapport final Drugs, Globalization and Criminalization
(UNESCO, Paris, 2002). Doctorant en Sociologie à l’EHESS
(CIRPES), il est également auteur et traducteur de divers articles
relatifs au trafic de drogues et à sa répression. Dernier
article paru : « La guerre à la drogue aux Etats-Unis après
le 11 septembre » (Diplomatie, n° 1, janvier-février
2003). Il produit DrugSTRAT
(http://laniel.free.fr).
Laurent Laniel
is research fellow at the Institut des Hautes Études de la Sécurité
Intérieure (IHESI). Researcher at the Geopolitical Drug Watch
(OGD) between 1995 and 2000, and consultant for, and member of UNESCO's
MOST-Drugs network between 1997 and 2002, he co-authored the MOST final
report, Drugs, Globalization and Criminalization (UNESCO, 2002). A doctoral
student in sociology at EHESS (CIRPES), he has authored and translated
many papers on drug trafficking and drug law enforcement, for instance
« La guerre à la drogue aux Etats-Unis après le
11 septembre » (Diplomatie, n° 1, January/February 2003).
He produces DrugSTRAT
(http://laniel.free.fr).
Colombie : le rôle
de la drogue dans l'extension territoriale des FARC-EP (1978-2002).
Alain Labrousse
C’est à partir de la VIIe Conférence
nationale des Forces armées révolutionnaires de Colombie
(FARC), en 1982, que les profits tirés de la drogue sont devenus
un élément de la stratégie du contrôle du
territoire et de la prise de la prise du pouvoir de cette guérilla
rurale. Cela impliquait non seulement de percevoir un impôt sur
les cultures illicites en échange d’une protection fournie
aux paysans constituant sa base sociale, mais également de tisser
des liens avec les narcotrafiquants. Cette stratégie a eu des
effets contrastés : d’une part elle a permis une croissance
importante de l’organisation, mais de l’autre a entraîné
des conflits très violents avec les trafiquants et leurs alliés,
les paramilitaires d’extrême droite. De nerf de la guerre,
la drogue en est devenue un de ses enjeux. Elle s’est surtout
révélée très dommageable pour l’image
des FARC, tant aux yeux de la population colombienne que de la communauté
internationale.
Colombia: The Role of
Drugs in the Territorial Expansion of the FARC-EP Rebels (1978-2002)
Ever since the 7th Conference of the Revolutionary Armed Forces of Colombia
(FARC) in 1982, the profits obtained from drugs have played an important
role in the rural guerrilla movement’s strategy of territorial
control and power seizure. This has implied not only taxing illicit
crops in exchange for protection to the farmers, the rebels’ social
basis, but also maintaining a relationship with drug traffickers. This
strategy has had contrasted results: on the one hand it has allowed
the FARC to grow significantly; but on the other hand it has led to
extremely violent conflicts with the traffickers and their allies—the
far-right paramilitary militias. Illicit drugs, once the sinews of the
war in Colombia, thereby became one of its stakes. Drugs also greatly
tarnished the image of the FARC with the Colombian population and the
international community.
Alain Labrousse
est sociologue. Membre fondateur et ancien directeur de l'Observatoire
géopolitique des drogues (OGD), il est notamment l'auteur
du "Dictionnaire géopolitique des drogues" (De Boeck,
2003) et d'un Que-Sais-Je? à paraître sur la géopolitique
des drogues.
Alain Labrousse
is a sociologist. Founding member and former director of the Geopolitical
Drug Watch (OGD), he has authored several books, including a Dictionnaire
géopolitique des drogues (De Boeck, 2003) and an issue of Que-Sais-Je
? on drugs geopolitics (forthcoming) .
Géopolitique des
drogues au Mexique : l'hégémonie des Sinaloans sur le
trafic de drogues illicites.
Luis Astorga
La plupart des chefs des organisations de trafic de
drogues actives un peu partout au Mexique sont originaires de l’État
de Sinaloa. Les Sinaloans sont hégémoniques sur le champ
du trafic de drogues depuis la Seconde Guerre mondiale au moins, et
plus clairement depuis les années 1970. Durant le mandat présidentiel
de Carlos Salinas (1988-1994), ils perdirent un temps leur suprématie
au profit d’un groupe de l’État de Tamaulipas composé
notamment d’anciens membres des corps d’élite de
l’armée mexicaine chargés de la lutte antidrogue.
L’oligopole des Sinaloans n’est plus homogène, on
distingue aujourd’hui deux groupes principaux, antagoniques depuis
le début des années 1990. Au Mexique, dès sa genèse
le champ du trafic de drogues a été subordonné
au champ politique. Mais la fin du régime de parti d’État
en 2000 a résulté en une autonomisation relative des trafiquants
par rapport au pouvoir politique. Ce dernier tente de reprendre le contrôle
en militarisant la lutte antidrogue, une mesure désespérée
et fort risquée.
Drug Geopolitics in Mexico:
Sinaloan Hegemony on Illicit Drug Trade
Most leaders of the drug trafficking organisations that operate everywhere
in Mexico are from Sinaloa State. The Sinaloans have been hegemonic
in the field of drug trafficking at least since World War II, and even
more conspicuously since the 1970s. During the presidency of Carlos
Salinas (1988-1994), they temporarily lost their supremacy to a group
from Tamaulipas State that includes former members of Mexican army units
in charge of the antidrug fight. At present, the Sinaloans’ oligopoly
is no longer homogeneous — there are two main groups, which have
been enemies since the early 1990s. The drug-trafficking field in Mexico
was dominated by the political field right from its inception in the
early 20th century. But the end of the single-party regime in 2000 has
granted the traffickers some autonomy from political power. The latter
is trying to regain control by militarizing the antidrug fight—
a desperate and highly risky move.
Luis Astorga
est chercheur à l’Institut de recherche sociale (IIS) de
l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM), où
il coordonne actuellement la chaire de l’UNESCO « Transformations
économiques et sociales liées au problème international
des drogues ». Outre nombre d’articles sur les drogues publiés
au Mexique, aux États-Unis, dans divers pays d’Europe et
en Inde, il est l’auteur des ouvrages Mitología del ‘narcotraficante’
en México (UNAM/Plaza y Valdés, 1995) et El siglo de las
drogas (Espasa-Calpe, 1996). Son dernier ouvrage vient de paraître
au Mexique: Drogas sin fronteras (Grijalbo, 2003).
Luis Astorga
is a sociologist and research fellow at the Instituto de Investigaciones
Sociales, National Autonomous University of Mexico (UNAM), where he
is presently in charge of the UNESCO chair "Economic and Social
Transformations related to the International Drug Problem". In
addition to publishing many articles on drugs in Mexico, the United
States, several countries of Europe, and India, he has authored the
books Mitología del ‘narcotraficante’ en México
(UNAM/Plaza y Valdés, 1995) and El siglo de las drogas (Espasa-Calpe,
1996). His latest book was released recently in Mexico: Drogas sin fronteras
(Grijalbo, 2003).
La filière coca
: du licite à l'illicite. Grandeur et décadence d'une
marchandise internationale.
Paul Gootenberg
Cet article analyse 150 ans d’histoire controversée
de la cocaïne à l’aide du concept sociologique de
« filière de denrée » transnationale (commodity
chain). La phase initiale (1860-1910), a vu la construction de la feuille
de coca des Andes en tant que marchandise du commerce international
moderne. La coca andine était alors liée à l’Occident
au travers d’une filière cocaïne « germanique
» et de deux réseaux, respectivement américain et
anglo-français, d’exportation de feuille. La deuxième
phase (1910-1950) se caractérise par l’imposition de nouvelles
contraintes sur la denrée cocaïne, l’émergence
de nouveaux réseaux coloniaux néerlandais et japonais
en fragmentant le commerce et la législation antidrogue internationale
la délégitimant. La dernière période (1950-2000)
témoigne de la renaissance de la cocaïne, désormais
en tant que denrée de filières illicites et pourtant dépendante
d’anciennes tensions et relations entre les États-Unis
et les Andes orientales.
Cocaine in Chains: The
Rise and Demise of a Global Commodity
This paper analyses 150 years of cocaine’s controversial history
through the sociological concept of transnational commodity chain. During
the initial phase (1860-1910), the Andean coca leaf became a commodity
of modern international trade. Andean coca was then linked to the West
through a German cocaine connection and two networks – American
and Anglo-French – of coca leaf exportation. The second phase
(1910-1950) was marked by the imposition of new constraints on the cocaine
commodity, the emergence of new colonial networks – Dutch and
Japanese – which fragmented the trade, and the international antidrug
legislation that made it illegal. The last phase (1950-2000) has witnessed
the rebirth of cocaine, now as a commodity of illegal connections and
yet depending on former tensions and relations between the United States
and the Eastern Andes.
Paul Gootenberg
est spécialiste de l’histoire des drogues. Il est Professeur
d’Histoire et Directeur des Études sur l’Amérique
latine et les Caraïbes à la Stony Brook University de New
York. Il a coordonné "Cocaine: Global Histories" (Routledge,
1999).
Paul Gootenberg
is a specialist of drug history. He is History Professor and Director
of Latin American and Caribbean Studies at Stony Brook University, New
York. He has published as editor Cocaine: Global Histories (Routledge,
1999).
Drogues illicites, territoire
et conflits en Afghanistan et en Birmanie. 
Pierre-Arnaud Chouvy
Le Triangle d’Or (Birmanie, Laos, Thaïlande)
et le Croissant d’Or (Afghanistan, Iran, Pakistan), les deux principaux
espaces de production illicite d’opium en Asie et dans le monde,
sont marqués par une importante superposition d’ensembles
spatiaux qui, à travers des géohistoires complexes, leur
ont légués autant de discontinuités, de fronts
et de frontières. Dans le contexte des économies de guerre
qui sont les leurs, où du nerf de la guerre l’opium en
devient l’enjeu, les deux espaces se révèlent être
soumis à des processus de territorialisation qui se font par,
pour et même contre l’opium. Ils correspondent donc davantage
à des mosaïques territoriales aux géométries
et limites variables qu’à des territoires bien définis
et à part entière. 
Illicit Drugs, Territory
and Conflicts in Afghanistan and Burma
The Golden Triangle (Burma, Laos, Thailand) and the Golden Crescent
(Afghanistan, Iran and Pakistan), the two major locales of illicit opium
production in Asia and the world, are marked by a complex overlapping
of territories, the legacy of intricate geohistories that have engendered
discontinuities, fronts and frontiers. In their present economies of
war, where opium has evolved from sinews to stakes, the two spaces prove
to be subjected to territorialisation processes occurring through, for
and even against opium. The Golden Crescent and Triangle are therefore
better defined as territorial mosaics of variable geometries and boundaries
than as neatly circumscribed and self-contained territories. 
Pierre-Arnaud Chouvy
est géographe chargé de recherches au CNRS (UMR 8586 PRODIG).
Ses recherches portent sur les territoires en crise d'Asie et les activités
illicites qui y ont cours. Il est l’auteur de deux ouvrages :
Les territoires de l’opium. Conflits
et trafics du Triangle d'Or et du Croissant d’Or, aux éditions
Olizane (Genève, 2002) ; et, en collaboration avec Joël
MEISSONNIER, Yaa Baa – Production, trafic
et consommation de méthamphétamine en Asie du Sud-Est
continentale, aux éditions L’Harmattan - IRASEC (Paris
- Bangkok, 2002). Il produit www.geopium.org.
Voir
l'article de Pierre-Arnaud Chouvy dans le n° 109 d'Hérodote
: Géopolitique des drogues illicites en Asie.
Pierre-Arnaud Chouvy is
a geographer and research fellow at CNRS
(UMR 8586 PRODIG). His research focuses on the territories in crisis
of Asia and related illicit activities. He has authored two books: Les
territoires de l’opium. Conflits et trafics du Triangle d'Or et
du Croissant d’Or (Olizane, Geneva, 2002); and with
Joël Meissonnier, Yaa Baa –
Production, trafic et consommation de méthamphétamine
en Asie du Sud-Est continentale, (L’Harmattan-IRASEC,
Paris- Bangkok, 2002). He produces www.geopium.org.
Also
see Pierre-Arnaud Chouvy's paper in Hérodote n° 109: Géopolitique
des drogues illicites en Asie.
Le développement
alternatif en Afghanistan : l'échec du donnant-donnant.
David Mansfield
Depuis une dizaine d’années, l’augmentation
de la production d’opium en Afghanistan ne surprend plus, et ce
même si, dès 1989, toute une série de mesures ont
été engagées afin de la diminuer. Durant les dix
dernières années, un certain nombre de projets de développement
visant à réduire les cultures de pavot à opium
ont été initiés en Afghanistan et les Nations unies
en ont clairement été l’un des principaux acteurs.
Mais l’absence de compréhension satisfaisante du rôle
multifonctionnel que le pavot à opium joue dans les stratégies
économiques familiales ainsi que des difficultés de financement
récurrentes ont compromis les chances de succès des projets
de développement alternatif en Afghanistan. Bien que le développement
alternatif ait obtenu quelques succès il n’en reste pas
moins un outil encore inadapté à sa fonction. Il doit
encore être amélioré afin de devenir efficace et
pertinent tant du point de vue du contrôle antidrogue que du développement
conventionnel.
Alternative Development
in Afghanistan : The Failure of Give and Take
Despite a series of measures designed to curb it since 1989, the
increase opium production in Afghanistan during the last ten years is
not a paradox. During the 1990s, a number of development projects have
been initiated in order to reduce the cultivation of the opium poppy
in the country, and the United Nations were clearly one of the main
actors. But the lack of adequate understanding of the multifunctional
role played by the opium poppy in the economic strategies of Afghan
families, together with chronic funding problems, have compromised the
success of alternative development in Afghanistan. In spite of some
positive outcomes, alternative development remains a blunt instrument
ill-adjusted to its function, and which must improve if it is to become
efficient for and relevant to drug-control and overall development.
David Mansfield est
Drug Adviser au Foreign and Commonwealth Office of the United Kingdom.
David Mansfield
is Drug Adviser at the Foreign and Commonwealth Office of the United
Kingdom.
Croissance et... croissance
de l'économie du cannabis en Afrique subsaharienne (1980-2000).
Pascale Perez et Laurent Laniel
Texte
disponible sur DrugSTRAT.
La culture du cannabis connaît à partir
des années 1980 un fort développement en Afrique subsaharienne.
Par ses caractéristiques agronomiques et économiques,
le cannabis apparaît comme un produit performant compensant la
crise des matières premières agricoles, la libéralisation
des filières de culture de rente, ou permettant l’intégration
des régions enclavées aux circuits marchands. En lien
avec le développement de la production, on peut observer la mise
en place de nouveaux systèmes commerciaux (trafiquants) et la
mutation des systèmes déjà en place. Les marchés
de consommation du cannabis africains connaissent parallèlement
un fort développement à partir des années 1980,
stimulant la production. Si les drogues, et en particulier le cannabis,
ont souvent été mentionnées dans les conflits armés
africains, elles ont également contribué à la stabilité
sociale.
The Rise and Rise of
the Cannabis Economy in Sub-Saharan Africa (1980-2000) Texte
disponible sur DrugSTRAT.
In the 1980s, cannabis cultivation increased a great deal in Africa.
As an efficient product due to its own special agronomical and economic
features, cannabis has partially offset the effects of the multiple
crises sparked by the fall of cash crop prices and economic liberalisation,
especially of agriculture. It may allow isolated areas to compete on
national and international markets. With booming production, new commercial
systems have been established while existing ones have changed. The
significant growth of African consumer markets for cannabis starting
in the 1980s has stimulated production further. While drugs, especially
cannabis, have often been mentioned as factors in armed conflicts in
Africa, they also have contributed to social stability on the continent.
Pascale Perez
est docteur en géographie. De 1994 à 1998, elle travaille
à l’OGD où elle est chargée du secteur Afrique
et réalise les travaux cartographiques de l’Observatoire
; elle est co-auteur de l’Atlas mondial des drogues. De 1999 à
2003, elle intègre l’Institut des Hautes Etudes de la Sécurité
Intérieure (IHESI) où elle mène notamment un projet
sur la cartographie de la criminalité. Actuellement, elle est
responsable du Pôle Ingénierie au Cabinet Althing. (pa_perez@club-internet.fr).
Pascale Perez
holds a Ph.D. in geography. Between 1994 and 1998 she worked as a cartographer
at the Geopolitical Drug Watch (OGD), where she was in charge of the
Africa Department. She co-authored the Atlas mondial des drogues. Between
1999 and 2003 she worked for the Institut des Hautes Etudes de la Sécurité
Intérieure (IHESI), where she directed a project on crime mapping.
At present, she is head of the Engineering Dpt at Cabinet Althing, a
consulting firm (pa_perez@club-internet.fr).
Laurent Laniel est
actuellement chargé de recherche à l’Institut des
Hautes Etudes de la Sécurité Intérieure (IHESI).
Chargé d’étude à l’Observatoire géopolitique
des drogues (OGD) entre 1995 et 2000, consultant et membre du réseau
MOST-drogues de l’UNESCO entre 1997 et 2002, il a été
co-auteur du rapport final Drugs, Globalization and Criminalization
(UNESCO, Paris, 2002). Doctorant en Sociologie à l’EHESS
(CIRPES), il est également auteur et traducteur de divers articles
relatifs au trafic de drogues et à sa répression. Dernier
article paru : « La guerre à la drogue aux Etats-Unis après
le 11 septembre » (Diplomatie, n° 1, janvier-février
2003). Il produit DrugSTRAT
(http://laniel.free.fr).
Laurent Laniel
is research fellow at the Institut des Hautes Études de la Sécurité
Intérieure (IHESI). Researcher at the Geopolitical Drug Watch
(OGD) between 1995 and 2000, and consultant for, and member of UNESCO's
MOST-Drugs network between 1997 and 2002, he co-authored the MOST final
report, Drugs, Globalization and Criminalization (UNESCO, 2002). A doctoral
student in sociology at EHESS (CIRPES), he has authored and translated
many papers on drug trafficking and drug law enforcement, for instance
« La guerre à la drogue aux Etats-Unis après le
11 septembre » (Diplomatie, n° 1, January/February 2003).
He produces DrugSTRAT
(http://laniel.free.fr).
Opiacés et routes
des Balkans : facteurs géographiques, historiques et politiques
du phénomène.
Philippe Chassagne
Le trafic d’opiacés par les routes balkaniques
doit être replacé dans une perspective historique remontant
à la période ottomane. Il renvoie à la fois à
la criminalisation du commerce des drogues et à la construction
de l’Etat dans les Balkans. Son étude souligne l’importance
qu’ont eue dans l’histoire de la région la situation
géographique de la péninsule et les circulations multiples
qui l’ont concernée, avec leurs effets positifs et négatifs.
Les différents contextes politiques au cours du XXe siècle
ont influencé les évolutions du trafic sans jamais vraiment
le remettre en cause. En fait les enjeux politiques et l’implication
des appareils d’Etat, dans les Balkans mais aussi à l’échelle
internationale, expliquent largement le développement et la perpétuation
de ce trafic, animé par des réseaux d’intérêts
variés.
Opiates and the Balkan
Route: Geographical, Historical and Political Factors
The traffic in opiates on the Balkan route should be placed in a historical
perspective that highlights the criminalization of drugs and state-making
in the Balkans since the Ottoman era. Its study reveals how much the
geographical location of the Balkan peninsula and the multiple effects
of the circulation of humans on it have marked the region’s history.
Although the contrasted political contexts of the 20th century had an
impact on the drug trade they never really questioned it. In fact, politics
and the involvement of states in the Balkans as well as internationally
go a long way to explain the generation and maintenance of a trade managed
by multiple and wide-ranging networks of interests.
Philippe Chassagne est
doctorant en géographie. Il prépare une thèse sur
les réseaux criminels balkaniques sous la direction de Georges
Prévélakis à l'Université de Paris I - Panthéon-Sorbonne
(pchassag@aol.com).
Philippe Chassagne
is a doctoral student in geography. He is writing his thesis on Balkan
criminal networks under the supervision of Georges Prévélakis
at Paris I - Panthéon--Sorbonne University (pchassag@aol.com).
Mafias et trafics de drogue
: le cas exemplaire de Cosa Nostra sicilienne.
Giuseppe Muti
Texte
disponible sur Omicron (PDF)
Pivot fondamental dans l’histoire de l’organisation
criminelle sicilienne, l’engagement de Cosa Nostra dans le trafic
mondial des drogues illicites apparaît en mesure d’expliquer
certains caractères de l’actuelle montée en puissance
des acteurs criminels et de leur transformation en acteurs géopolitiques
d’envergure. Déjà organisée comme un moderne
entreprise mondialisé il y a soixante années, la mafia
de la drogue « par excellence » a tiré des revenus
inimaginables de cette activité spécifique, mettant en
place les premiers réseaux modernes de blanchiment d’argent
et participant donc aux premières dynamiques de la mondialisation
du capital financier et spéculatif. Les ayant peut-être
mêmes précédées, elle semble en tout cas
les avoir profondément inspirées.
Organised Crime and Drug
trafficking: The Paradigmatic Case of Sicily’s Cosa Nostra
Texte
disponible sur Omicron (PDF)
A turning point in the history of Sicilian organized crime, the involvement
of La Cosa Nostra in the trade in illicit drugs helps explain the present
rise of criminals to power and their transformation into significant
geopolitical actors. Since it was already organised as a globalised
and modern “enterprise” 60 years ago, the archetypal drug
mafia obtained tremendous profits from this special activity. By establishing
the first modern money-laundering networks it contributed to early globalising
dynamics of financial and speculative capital; it may even have preceded
them, and it surely profoundly inspired them.
Giuseppe Muti est doctorant
de l’Université de Rome « La Sapienza » (département
études géoéconomiques) et de l’Université
Paris I « Panthéon - Sorbonne » (école doctorale
de géographie). Il est aussi président de l’Observatoire
milanais sur la criminalité organisée dans le Nord (Omicron
: www.omicronweb.it),
membre de l’Observatoire géopolitique sur la criminalité
internationale (OGCI : www.ogci.org),
et ancien correspondant pour l’Italie de l’Observatoire
géopolitique des drogues (OGD). (giuseppe.muti@uniroma1.it).
Giuseppe Muti
is a doctoral student at Rome's "La Sapienza" University (Geoeconomics
Dpt) and Paris I - Panthéon--Sorbonne University (Geography Doctoral
School). He is president of the Milan Observatory of Organised Crime
in the North (Omicron), member of the International Crime Geopolitical
Observatory (OGCI), and a former OGD correspondent in Italy (giuseppe.muti@uniroma1.it).
Hérodote n° 112, 1° trimestre 2004,
La Découverte, 2004(©). Geopium 2004 (©).
All translations except abstracts by Laurent Laniel
(DrugSTRAT).
Voir, à propos du pavot à opium,
de son histoire et des techniques agricoles
relatives à la production d'opium et d'héroïne :