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CCL - Karthala, Paris, 2005
(338 pages)
ISBN 2-84586-727-1
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La douceur et l'amertume : deux saveurs essentielles
de la cuisine au Laos, deux images qui résument le
mode de vie et l'état d'esprit actuel de ses habitants.
Longtemps enclavé au cœur de
l'Asie du Sud-Est, montagneux et peu peuplé, le Laos
devient progressivement un Etat carrefour à la croisée
des routes du Grand Mékong. Comment se réalise
concrètement l'étrange alliance entre régime
socialiste et libéralisme économique ? Quelles
en sont les conséquences sociales et comment les populations
s'en accommodent-elles ? Quel rôle joue l'aide internationale
dans ce contexte et quelles sont ses limites ?
Depuis vingt-cinq ans, le Comité de
Coopération avec le Laos (CCL) construit des partenariats
avec ce pays. Ses membres ont suivi avec attention l'évolution
de la situation économique et sociale, noué
des amitiés et participé très directement
à l'élaboration, à la mise en œuvre
et au suivi de projets de développement. A travers
l'histoire et les pratiques de cette ONG, ses membres portent
un regard à la fois lucide et amical sur les réalités
sociales de l'aide au développement, ses difficultés
et ses transformations. Trois domaines sont plus particulièrement
concernés ici : le développement rural, la santé
et la formation supérieure.
Les analyses remettent en cause quelques
idées reçues sur le Laos et le développement
en général, engagent des débats et proposent
des approches alternatives. Les auteurs s'interrogent également
sur les pratiques actuelles de l'aide internationale. Ils
soulignent la nécessité d'autres formes de coopération,
fondées sur l'engagement dans la durée, la recherche
d'un partenariat équilibré et la prise en compte
des réalités de terrain pour l'élaboration
et la mise en œuvre des politiques nationales.
Ce livre est un travail collectif des membres
du CCL : chercheurs et universitaires, praticiens du développement,
historiens, géographes, agronomes, médecins,
anthropologues ou économistes.
TABLE DES MATIERES
Liste des auteurs
Avertissement
Préface
(François GRÜNEWALD)
Introduction
I. Le Laos contemporain : héritages,
enjeux et dépendances
1. De la révolution à l’après-socialisme:
les temps de la construction nationale en RDP Lao
Olivier EVRARD et Vatthana PHOLSENA
2. Ethnicité et développement au Laos
Olivier EVRARD et Yves GOUDINEAU
3. Une économie fragile et une forte influence de l’aide
internationale
François DOLIGEZ
4. Le Laos à la croisée des corridors de la
région du grand Mékong
Christian TAILLARD
II. Deux secteurs-clés : le développement
rural et la santé
5. L’agriculture au Laos: entre dirigisme
étatique et ouverture
au marché
Marc DUFUMIER
6. La situation nutritionnelle et sanitaire et l’évolution
du système de santé
Florence STRIGLER, Bansa OUPATHANA, Béatrice VANDAME
et Jean-Pierre DESCHAMPS
III. L’histoire du Comité de
Coopération avec le Laos (CCL)
7. Des amoureux du Laos et des amis du socialisme
(1980-1988)
Dominique GENTIL
8. Un opérateur qui se veut différent
Dominique GENTIL
9. Le CCL, avant tout une association
Dominique GENTIL
IV. Des pratiques innovantes
10. L'abattis-brûlis: éradication
ou stabilisation ?
Olivier DUCOURTIEUX
11. Développement rural et infrastructures
Dominique GENTIL
12. Améliorer la commercialisation des produits paysans
Anne LOTHORE et Manivone VORACHAK
13. Développer l’élevage chez les paysans
pauvres
François DOLIGEZ, Annette FICHTL et Axelle SCOIZEC
14. Des méthodes diversifiées pour former un
corps professoral hétérogène
Philippe BOUMARD, Jérôme VANDAME et Frédéric
BAZIN
15. Former des agronomes dans un contexte institutionnel changeant
Emmanuel BAUDRAN
16. L'appui au service d’anesthésie-réanimation
de l’hôpital Mahosot
Jean-François FAVAREL-GARRIGUES
17. D’une formation continue au master national en santé
publique
Odile COCHETEL, Bansa OUPATHANA et Jean-Pierre DESCHAMPS
18. Le recouvrement des coûts de santé : expériences
locales et politiques nationales
Christophe JACQMIN et Marianne BESEME
Conclusion
ANNEXES
Brève histoire du Laos avant 1975
Olivier EVRARD et Vatthana PHOLSENA
La médecine traditionnelle lao
Richard POTTIER
Sigles et abréviations
Références bibliographiques
Liste des personnes interviewées
Remerciements
Table des matières
Préface
François Grünewald
Derrière ce livre, aux articles
richement documentés et parfois érudits, il y a d’abord une grande
histoire d’amitié.
Certes, rares sont les visiteurs
qui restent insensibles au charme du Laos, de ses paysages si divers,
de la douceur de la lumière du soir sur les rizières, du mystère
des forêts de montagne où tournoient des volutes de nuages et où
vivent nombre d'ethnies, sans oublier la gentillesse de ses habitants.
Mais pour les équipes qui ont participé aux activités du Comité
de Coopération avec le Laos depuis ses origines et sous ses différentes
appellations, il y a bien plus que cela.
Il y a d’abord une démarche profonde
de solidarité avec un peuple qui a subi dans sa chair et dans son
sang les humiliations de la colonisation, les horreurs des conflits
de la Guerre froide, les difficultés du socialisme et les errements
des coopérations internationales.
Les traces de ces passés abondent.
La colonisation française a laissé ses bâtiments d’un style particulier,
que l’urbanisation accélérée de Vientiane tend à faire disparaître,
sa statue de Pavie dans les jardins de l’ambassade, mais aussi une
profonde connivence entre nos pays, partiellement liée à la francophonie.
Héritage complexe. Les ruines des forts des garnisons de l’armée
coloniale se rencontrent parfois au détour d’une piste de Phongsaly,
sur l’axe de la route de Dien Bien Phu et le souvenir
des corvées, de la chicotte et des punitions collectives existe
encore dans la mémoire orale et dans certains écrits. Mais c’est
en même temps avec plaisir que les plus anciens, même ceux qui ont
pris le maquis contre la France, parlent notre langue. La guerre
américaine, avec ses bombardements, ses découpages aveugles, ses
opérations spéciales dans le nord, les péripéties de Air America
et de la saga des Hmong et de l’opium, a façonné de façon féroce et dramatique
l’histoire plus contemporaine.
Forêts infestées de bombilles,
pilotis de maisons fabriqués à partir d’obus non explosés, comme
on en voit fréquemment sur Xieng Khouang ou Attopeu, et surtout drame des réfugiés à partir de 1975.
Si la « libération »
de Vientiane a été plutôt pacifique, l’esprit revanchard de l’état-major
américain et les effets stratégiques de la théorie des dominos font
que les Etats-Unis, avec leurs alliés de l’autre côté du Mékong,
rendront la vie infernale aux Lao, qui ont déjà pas mal de difficultés
avec la vie au quotidien de leur côté du « rideau de bambou ».
Infiltrations, sabotages, embargos ne recevront comme réponses qu’emprisonnement,
patrouilles sur les berges et, parfois, tirs « de trop ».
C’est à cette époque que les relations entre nos pays ont été « gelées ».
S’il est possible de rompre un lien diplomatique, peut-on rompre
si facilement des liens d’amitié entre peuples, entres hommes ?
Est-il possible d’interrompre des collaborations entre collègues
au nom de la géopolitique ? Ce sont ces interpellations qui
nous ont façonnés et qui nous fondent.
C’est l’époque où, à Vientiane,
il manquait parfois du riz et du lait concentré sur le marché, où
avoir une mobylette était quasi impossible, tant l’embargo rendait
l’accès à l’essence difficile. Dans Le matin des fonctionnaires,
petit témoignage que j’avais eu le plaisir d’écrire en 1983 pour
la Lettre du CCL, je décrivais les difficultés de la vie
quotidienne de mes collègues et amis du pays du Million d’éléphants.
Il fallait se lever tôt pour aller cultiver sa parcelle de légumes
ou de riz ou tenir sa boutique au marché avant l’ouverture des
bureaux. Nous n’avions pas beaucoup d’électricité dans les bureaux
du ministère de l’Agriculture… et mes collègues lao bataillaient
ferme pour nourrir leur famille. Courageusement, chacun à leur place,
ils essayaient de donner un peu de sens à des situations souvent
ubuesques : van sao deng, quand il fallait aller tondre les pelouses
du ministère, passoum nanyobay où l’on écoutait « la bonne parole » donnée
par un digne représentant d’un « pays petit frère-grand
frère ». Nombreux sont ceux qui ont eu la volonté et l’espoir
de participer à la reconstruction de leur pays enfin sorti de la
guerre américaine. L’épopée de la construction de Nabong en 1975 fait partie de nos mythes collectifs. Il devait
y souffler un vrai vent de fraternité. Mais les absurdités du système
ont fortement érodé cet entrain, et conduit quelqu’un à Samké,
sinistre bastille où il fallait pour survire cultiver le pak bong
(liseron d’eau) avec les « reliquats » des latrines.
Pendant ces périodes difficiles,
nous étions là, avec eux. Angéla, Jérôme, Claude, Marc, Luc et quelques
autres avaient défriché quelques pistes. D’autres s’y sont engagés
et ont pris le relais. L’ancien ministre de la Santé, le regretté
Pr Vannareth, rappelait, lors d’un
de ses derniers repas publics, qu’il y avait les organisations qui
étaient là quand tout était difficile, et celles qui sont venues
après.
C’était il y a 22 ans, et la
roue de l’histoire a tourné. Le mur de Berlin est tombé et le grand
frère soviétique a disparu. Le Vietnam lui-même est depuis près
de dix ans en évolution rapide, au moins au niveau économique. La
géopolitique internationale, comme celle de la zone, a pris d’autres
teintes. A l’ancienne puissance coloniale et à l’emprise militaire
américaine ont fait place les jeux des puissances régionales :
les nouveaux joueurs de poids s’appellent Japon, Australie, Thaïlande,
etc. Les idéologies elles-mêmes avaient changé de nature :
à celles de l’émancipation des peuples, qui avaient fait descendre
les plus anciens membres du CCL dans les rues pendant les bombardements
américains, faisaient place celles du développement durable et de
l’initiative de Bamako. Aux militants du début, engagés sur les
combats anti-impérialistes avant l’heure des combats alter-mondialistes,
ont succédé des générations de volontaires et de salariés, plus
soucieux de réalisations concrètes et de partenariats dans la durée.
Les différentes générations de femmes et d’hommes qui ont fait l’histoire
du CCL depuis « les temps héroïques » sont elles-mêmes
le reflet de ces tourments et circonvolutions de l’Histoire. Des
défis nouveaux attendent maintenant le CCL.
Au-delà des personnalités et
des contextes historiques, tous ou presque tombaient amoureux de
ce pays et de son peuple. Si les formes de coopération ont évolué,
à aucun moment les coups de cœur n’ont disparu. En face de nous,
nos amis et collègues lao nous l’ont bien rendu. De nombreuses et
solides amitiés se sont tissées au cours de ces années. Nous avons
vu leurs enfants grandir d’une mission à l’autre. Nous continuons
de les garder dans nos esprits, dans nos cœurs.
Derrière les pages de cet ouvrage,
qui décrivent le Laos et certaines de nos actions, c’est tout ce
vécu d’amitiés partagées qu’il faut imaginer. C’est à ces amis et
collègues lao, à ces habitants toujours si hospitaliers, malgré
la dureté de la vie au quotidien que masque l’apparente douceur
de vivre, ainsi qu’à ces générations de militants et de volontaires
qui ont contribué à faire du CCL un acteur efficace au service du
développement de cette étrange terre, que ce livre voudrait rendre
hommage.
. Représentant du CCLSE à Vientiane de 1983 à 1985, président
du CCL de 1992 à 1996 et de 1998 à 2002.
. Les samedis rouges, dédiés à des travaux collectifs
d'intérêt général.
[3]
. Réunions politiques.
Introduction*
Le Laos est un pays relativement
peu connu du grand public et des « développeurs ». Même
s'il existe de nombreux articles ou ouvrages spécialisés sur des
thèmes précis (cf. bibliographie), peu de livres traitent de l'ensemble
du pays et de la période actuelle. Cependant, le Laos est un pays très intéressant
par ses spécificités : c'est le seul pays de l'Asie de Sud-Est sans
accès à la mer, mais sa position géographique, par rapport à ses
puissants voisins, la Thaïlande, le Vietnam et la Chine, lui donne
un rôle important d'Etat-tampon ou d'Etat-carrefour.
Avec sa population relativement faible et sa densité réduite, le
Laos fait figure d'exception. Sa multi-ethnicité
(47 groupes ethniques officiellement reconnus) renforce sa richesse
culturelle. Enfin, même si son histoire comporte de nombreux points
communs avec ses voisins, par exemple les anciens royaumes agraires
et l'influence du bouddhisme ou la colonisation française et le
communisme, le Laos a su cependant développer une culture originale
avec sa propre temporalité. Il a donc paru intéressant d'offrir
quelques facettes du Laos actuel, quelques clefs de compréhension,
sans bien sûr prétendre à l'exhaustivité.
Cependant, la motivation principale
de ce livre vient de l'envie d'une ONG française, le Comité de Coopération
avec le Laos (CCL), de partager une expérience de 25 ans dans sa
relation de partenariat et d'échanges avec ce pays. Le CCL est certes
une ONG relativement petite, mais qui a décidé, depuis sa création
en 1980, de ne travailler qu'avec un seul pays. Il a donc pu accumuler
une riche expérience, particulièrement dans le domaine de la santé,
du développement rural et de la formation supérieure agronomique
et médicale. Loin d'être un livre complet sur le Laos, il s'agit
d'un point de vue, fondé sur un engagement et des pratiques. Malgré
sa recherche d'objectivité et de recul, il reste incomplet et partial,
mais c'est peut-être ce qui fait son originalité et son caractère.
Par sa conception et les motivations
de ses auteurs, ce livre s'adresse à un double public :
tous ceux qui s'intéressent au Laos et, plus largement, au Sud-Est
asiatique ; tous ceux qui s'intéressent aux problèmes de développement
dans ses pratiques concrètes et, plus particulièrement, dans les
trois domaines cités.
Ce livre est le résultat d'une
réflexion collective menée sur plus d'un an. Même si les auteurs
et les thèmes sont nombreux, il ne s'agit pas d'une juxtaposition
de chapitres comme trop souvent dans les ouvrages de ce type, mais
d'une construction raisonnée, certes coordonnée par un comité de
rédaction restreint, mais avec des acteurs multiples apportant leurs
contributions par des lectures croisées, des entretiens, des encadrés,
des critiques ou, parfois, des encouragements.
Les auteurs sont des universitaires
ou chercheurs, spécialistes ou bons connaisseurs du Laos, dans le
domaine de l'histoire, de l'anthropologie, de la géographie ou de
l'agronomie. Ce sont aussi des praticiens du développement (médecins,
agronomes, socio-économistes). Outre la
vingtaine d'auteurs, des contributions courtes sont reprises sous
forme d'encadrés.
Nombre de chapitres utilisent
une « littérature grise », inédite, reprenant articles,
rapports, études, évaluations, communications à des séminaires.
Ils s'appuient sur les différentes archives du CCL pour la partie
historique et sur une mémoire vivante, à base de nombreux entretiens,
enregistrés et transcrits. Donc, une matière riche, complétée par des entretiens
téléphoniques auprès de 64 membres de l'association, pour mieux
connaître leurs motivations et leurs attentes.
Ce livre se présente en quatre
parties
D'abord, une présentation de
quelques facettes du Laos, qui permettent d'en mieux connaître la
spécificité : l’histoire récente depuis 1975, la mosaïque ethnique
et les marqueurs culturels, l'évolution de l'économie et des différentes
formes de la coopération, et la place du Laos dans les corridors
du grand Mékong.
Dans la deuxième partie, une
attention particulière est portée à deux secteurs très importants
de l'économie du pays : l'évolution des systèmes agraires,
en insistant sur leur très grande diversité et la discussion des
politiques agricoles, puis la situation alimentaire et sanitaire
et l'analyse du système de santé.
La troisième partie retrace l'histoire
du CCL depuis les temps « héroïques » de sa création en
1980 par des « amoureux du Laos et des amis du socialisme »
(chapitre 7), après la suspension des relations officielles avec
la France en 1978. A partir de 1988, le CCL devient un opérateur
menant des actions dans la durée, dans trois grands domaines : la
santé (appui aux hôpitaux de districts et de provinces, à l’hôpital
central Mahosot et à l’enseignement médical), la formation supérieure
agronomique (faculté de Nabong) et le
développement rural (Phongsaly et Sayaboury).
Cependant, le CCL est aussi une association d'une centaine de personnes,
avec des membres relativement actifs et un conseil d'administration
fortement impliqué. A partir d'un entretien avec un consultant extérieur
est posé le problème d'un type particulier de liaison entre une
fonction d'opérateur de terrain et une vie associative, la recherche
d'un mode de gouvernance spécifique reposant sur un triptyque équilibré
(conseil d'administration, bureau, salariés opérationnels). Enfin,
il est souligné le rôle d'une charte, comme moyen de vérifier la
cohérence des motivations et des pratiques.
La quatrième partie s'attache
à mettre en valeur quelques pratiques qui se veulent innovantes.
Au nord du Laos, est-ce que l'abattis-brûlis est une pratique destructrice de l'environnement
ou, au contraire, une gestion efficace et durable des ressources
naturelles ? Comment la mise en place d'infrastructures de
routes, de marchés ou de stockage-séchage,
avec des politiques d'entretien assurant leur durabilité, peut avoir
des effets déterminants sur l'augmentation des productions ?
Comment mieux gérer des filières, de la production à la commercialisation,
à partir des exemples concrets du maïs ou de la cardamome médicinale ?
A quelles conditions le confiage animal à des paysans sans gros bétail peut permettre
une croissance économique et la réduction des inégalités ?
Deux chapitres sont également consacrés à la faculté agronomique
de Nabong, en présentant à la fois la gamme des méthodes pédagogiques
utilisées et leur efficacité relative, ainsi que les évolutions
de son insertion dans un contexte institutionnel changeant. Dans
le domaine médical, quelques pratiques relativement novatrices,
dans la durée, avec leur impact, leurs difficultés et leurs perspectives,
sont analysées : l'appui au service d'anesthésie-réanimation de l'hôpital de Mahosot,
le programme d'enseignement médical en santé publique et les expériences
en matière de recouvrement des coûts.
En conclusion, l'objectif
du livre est l'analyse des interactions entre les évolutions du
Laos et de son environnement, celles du CCL et de ses pratiques
de développement, et celles de la coopération internationale. Et
ceci sans éluder quelques questions qui font débat, comme « les
formes de gouvernance » au Laos, les conséquences de l'éradication
rapide de la drogue ou les effets prévisibles du grand barrage de
Nam Theun 2
sur l'économie, les populations déplacées et l'environnement. Objectif
sans doute ambitieux, mais qui doit être considéré comme une contribution
à une meilleure information, suscitant recherches complémentaires,
nouvelles interrogations et controverses.
. L’originalité et le charme de sa culture, la beauté
de ses paysages ont été célébrés dès le xviie siècle par les voyageurs
européens (sans parler des Chinois) et il fait l’objet d’une très
abondante bibliographie : plus de 1 000 livres en français
et plus récemment en anglais (sans compter les ouvrages en langues
asiatiques ni les livres sur l’Indochine comportant des chapitres
sur le Laos). Pour la période plus récente, on peut citer cependant
les livres en français de Christian Taillard
et en anglais de Grant Evans
et Martin Stuart-Fox.
[2]
. Ceux-ci ont été recueillis en deux époques : onze pour les
20 ans du CCL (1999-2000), parus pour l'essentiel dans les trois
numéros de la Lettre du CCL (janvier 2000, avril 2000, mai
2001), quinze en 2003, 2004, 2005 (dont sept lao, sept français
et une franco-lao)
* Préface
et introduction reproduites sur www.geopium.org avec l'aimable autorisation
du CCL.


CCL - Karthala,
Paris, 2005 (338 pages)
ISBN 2-84586-727-1
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Voir, à propos du pavot à opium,
de son histoire et des techniques agricoles
relatives à la production d'opium et d'héroïne :
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